Le service national universel (SNU) semble vivre, dans sa forme actuelle, ses dernières heures.

En date du 19 septembre 2025, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a acté la suppression de la délégation générale en charge du SNU au 1er janvier 2026, dans un contexte de mise en extinction du SNU et de création prochaine du service militaire volontaire.

Devant l’émoi suscité, Matignon a aussitôt rétropédalé, évoquant la suppression d’un organisme et non d’une politique publique. Dès mars, Emmanuel Macron avait en effet appelé à la refonte du SNU. Puis précisé, en juillet, vouloir « donner à la jeunesse un nouveau cadre pour servir, selon d’autres modalités, au sein de nos armées ». Son ambition : nourrir la réserve opérationnelle. Car le service national universel n’a jamais tenu ses promesses.

Lancé en 2019 pour les jeunes de 15 à 17 ans volontaires, il n’a attiré, en 2024, que 35 700 adolescents, quand l’objectif était de 80 000. Reste que sa refonte n’est encore qu’à l’état d’esquisse : « Concernant le service militaire volontaire appelé à lui succéder, plusieurs points restent à trancher, notamment sur le volume de jeunes enrôlés et les missions assignées ». Le coût global, déjà pris en compte dans la rallonge accordée aux armées en 2026, s’élèverait à 2,5 milliards.

L’actuel SNU comporte une mission d’intérêt général et un séjour de cohésion comprenant des activités sportives, culturelles et intellectuelles, avec des journées qui débutent par la levée des couleurs (drapeau et hymne national) et le port de l’uniforme. Depuis mars 2024, ce dispositif d’engagement citoyen est aussi intégré au temps scolaire, avec un stage de douze jours pour les élèves en classe de seconde, volontaires.

Le SNU va désormais être transformé en parcours d’engagement piloté par la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA), qui dépend du ministère des Sports, sans plus de détails.